Deux semaines au cœur d’un supermarché coopératif

Crédit photo : Artgoun

Il y a près de deux ans, mon amie Séverine me parle d’un projet auquel elle participe activement : l’ouverture d’un supermarché coopératif. Kézako ? Je n’avais auparavant jamais entendu parler de ce concept. Séverine m’explique que c’est un supermarché qui appartient à tous ses clients, et est géré bénévolement par eux. Chaque coopérateur, après avoir acquis sa part (pour une somme de 10 à 100€ selon les revenus) , compte pour une voix dans les décisions. Pour pouvoir acheter des denrées dans le magasin, il faut être adhérent et « faire son service », c’est à dire participer au fonctionnement du magasin, à minima trois heures par mois.

Ici, le terme consommacteur prend tout son sens.

Les objectifs de ce projet à caractère non lucratif sont multiples, mais tous encrés dans l’accès à une consommation plus responsable socialement et écologiquement. Tout d’abord, il s’agit de proposer des produits sains, de qualité, le plus souvent possible bio, et à des prix abordables. Ensuite, Coquelicoop aspire à être un lieu d’échanges, de lien social, ouvert à tous, avec un aspect pédagogique sur le « bien manger ». Enfin, le supermarché a pour vocation de redonner du pouvoir aux consommateurs – ici le terme consommacteur prend tout son sens – grâce à un système de décision participatif et une implication de chacun.

Une fois le concept expliqué, je me dis « waouh », ça a l’air génial en théorie, mais en pratique, comment cela peut vraiment fonctionner? Ayant travaillé quelques années dans la grande distribution, j’avais pu voir de mes propres yeux qu’il n’était déjà pas évident de gérer un magasin alimentaire « classique » : gestion des équipes, des achats, des stocks, de la casse, des rayons, de l’hygiène, des fournisseurs qui peuvent livrer de façon aléatoire, des soucis techniques du quotidien (panne de frigos, de la clim’ ), des caisses, de la paperasserie et j’en passe…J’avais passé du temps auprès de plusieurs directeurs de magasin expérimentés travaillant d’arrache-pied six jours sur sept de 6h à 21h pour réussir à maintenir leur barque à flots. Je me demandais comment une telle machine pouvait être gérée par des personnes bénévoles, n’ayant pas forcément d’expérience dans ce domaine, et avec un pouvoir décisionnel réparti entre plusieurs centaines d’adhérents.

Puis j’ai mis cette réflexion de côté, jusqu’à ce que je retombe sur un article présentant La Louve, premier magasin coopératif en France, ouvert en 2016 et comptant aujourd’hui plus de 8000 membres. J’ai alors appris qu’il existe aujourd’hui plus d’une trentaine de supermarchés coopératifs en France, et encore plus de projets en construction. Moi-même en transition professionnelle, à la fois intriguée et trouvant ce système particulièrement inspirant pour mon projet, j’ai alors demandé à faire un stage au sein de Coquelicoop, pour pouvoir mieux comprendre tous les aspects de son fonctionnement.

Le magasin peut se permettre une marge relativement faible et propose ainsi des produits qualitatifs et éthiques à un prix très accessible

Le premier jour, je suis chaleureusement accueillie par Clarisse, une bénévole qui, depuis le début du projet, consacre énormément de temps à la coopérative, et est depuis peu salariée du magasin. Je découvre un petit supermarché très bien tenu, avec un bel assortiment de produits secs et frais, et un magnifique étalage de fruits et légumes de saison, bio, provenant quasiment tous de France. Grâce à des frais de fonctionnement réduits (seulement un salarié et demi aujourd’hui) et un objectif non lucratif, le magasin peut se permettre une marge relativement faible et propose ainsi des produits qualitatifs et éthiques à un prix très accessible.

Une livraison de frais vient d’arriver

Je prends plaisir à passer du temps dans le magasin, mon agenda se répartit entre la participation aux tâches du quotidien (réceptionner les livraisons, mettre en rayon… J’apprécie de mettre la main à la pâte plutôt que de travailler toute la journée devant un écran d’ordinateur !), l’apprentissage et la discussion avec Clarisse et d’autres bénévoles sur le fonctionnement, les valeurs et les problématiques de Coquelicoop, et une petite mission sur le développement du rayon vrac. Pendant les temps morts, j’aime me promener dans les rayons, découvrir de nouveaux produits et imaginer les bons petits plats que je pourrai cuisiner. Je me sens un peu comme à la maison. Mon truc à moi, ce n’est pas trop les magasins de prêt-à-porter, mais plutôt flâner entre les courges et les carottes. Aussi étrange que cela peut paraître, cela fait partie de mes petits plaisirs de la vie.

Un supermarché lent et à taille humaine

Chaque jour, je croise de nouveaux coopérants, toujours très accueillants, engagés et souvent passionnés par le bien-manger. Grâce à eux, je fais de belles découvertes comme le lait caillé, la salade wasabina et le persil tuberculeux – heu non pardon tubéreux. Coquelicoop se revendique être un « supermarché lent et à taille humaine », et on le ressent réellement au quotidien. Malgré les moments de rush où plusieurs livraisons arrivent en même temps, l’atmosphère reste apaisée, et le lieu réussit avec succès à être créateur de lien social. On prend le temps de faire bien les choses et d’échanger, et ça marche !

Bien sûr, tout n’est pas rose dans la gestion d’un supermarché coopératif. Tout d’abord, il subit de plein fouet les aléas des livraisons fournisseurs, qui parfois, sans prévenir, n’arrivent jamais, ou avec quelques heures voire jours de retards. Pas facile à gérer, surtout lorsqu’une livraison arrive en dehors des horaires d’ouvertures, lorsqu’aucun coopérant n’est présent.

L’absentéisme semble être plutôt moins pénalisant que dans les supermarchés classiques

Et puis, il y a aussi le problème d’absentéisme – certains adhérents qui ne se présentent pas à leur service. Si cela arrive un jour de grosse livraison, cela peut engendrer un petit embouteillage de marchandises dans l’entrée fournisseurs. Malgré tout, le magasin continue à tourner, car on prévoit largement assez de coopérants à chaque service de la journée. Et au final l’absentéisme me semble être plutôt moins pénalisant que dans les supermarchés classiques, souvent ric-rac en main d’œuvre, et dans lesquels il constitue souvent une problématique majeure.

Crédit photo : Artgoun

Enfin, l’une des difficultés soulevée par l’un des membres fondateurs est l’autonomie et la formation des coopérants. En effet, lorsque l’on vient trois heures par mois, il n’est pas forcément évident de se rappeler des différents process, ce qui peut parfois engendrer quelques petits couacs. Néanmoins, le supermarché n’est ouvert que depuis six mois, et les grands process ont été écrits, mis en place, et sont, je trouve, plutôt bien respectés. Et le fait que Clarisse soit présente de façon quasi-permanente au magasin permet d’avoir une personne ressource, garantissant par la même occasion de façon informelle le respect des règles et procédures. Dans le domaine sensible de l’alimentaire, cela semble nécessaire.

Très peu de denrées sont abîmées ou jetées à la poubelle

Un point qui m’a frappée par son contraste avec les supermarchés classiques, c’est la responsabilisation des coopérants vis-à-vis des produits, liée certainement à leur engagement personnel dans une consommation responsable, et/ou parce que Coquelicoop leur appartient. Résultats : très peu de denrées sont abîmées ou jetées à la poubelle : il y aura toujours un coopérateur pour acheter les fruits en fin de vie ou le pot de crème fraîche proche de la date de péremption.

L’un des devoirs de la coopérative, c’est aussi de se montrer solidaire, et d’aider le tissu économique local à survivre

Chez Coquelicoop, les valeurs qui ont fondé cette initiative ne sont pas restées que sur le papier et transparaissent au quotidien dans le magasin. Par exemple, nous avons reçu un jour un fournisseur de produits qui étaient à priori en dehors des critères de référencement classiques du magasin. En raison du Covid, cette entreprise locale de plusieurs dizaines de salariés, qui proposait initialement des services de traiteur, a vu son chiffre d’affaires s’effondrer de 80%. Pour rebondir, elle a développé une gamme de recettes en bocaux. J’ai alors demandé à Clarisse pourquoi Coquelicoop allait référencer ses produits, un peu chers par rapport aux produits proposés habituellement et pas forcément bio. Celle-ci m’a répondu naturellement que l’un des devoirs de la coopérative, c’est aussi de se montrer solidaire, et d’aider le tissu économique local à survivre. Cela ne mange pas de pain de proposer ses produits, et si cela peut aider à maintenir de l’emploi, tout le monde est gagnant.

C’est à ce moment que j’ai vraiment réalisé la force de ce modèle. Un magasin coopératif, c’est bien plus que de proposer des produits bio à bas prix. C’est un écosystème ayant pour vocation de donner une chance : aux consommateurs de choisir réellement ce qu’ils veulent avoir dans leur assiette ; aux habitants de créer un lien social et une communauté bienveillante ; aux petits fournisseurs et producteurs de pérenniser leur activité ; à tous d’être acteur de la chaîne de distribution alimentaire et de mieux en comprendre les enjeux. Et ça marche !

Un immense merci à Clarisse qui m’a accueillie chaleureusement et sans tabous pendant deux semaines au sein du magasin, à Séverine qui m’a ouvert les portes de Coquelicoop, et à tous les coopérateurs que j’ai croisés !

Pas de cadeaux à Noël pour mes enfants !

J’imagine votre regard scandalisé à la lecture de ce titre : « Mère indigne ! Pauvres enfants malheureux ! Comment peut-on oser piétiner de cette façon la féérie des cadeaux de Noël?! ». OK, je vous dois une petite explication de ma démarche…

Tout d’abord, je vais lever une première ambiguïté : cette année, mes enfants n’auront pas de cadeaux de Noël…de la part de Papa et Maman. MAIS je ne vais pas interdire aux grands-parents, oncles et tantes, parrains-marraines, arrières grands-mères et autres d’offrir des cadeaux. Je vais juste les guider pour avoir moins de cadeaux mais plus qualitatifs.

Les trois-quarts des jeux et jouets se sont cassés au cours des trois premières utilisations.

Vous voilà maintenant soulagés à l’idée que mes enfants auront quand même quelque chose qui les attendra au pied du sapin. Mais peut-être vous demandez-vous pourquoi je n’achète plus de cadeaux à mes enfants ? J’ai eu un déclic lors du précédent Noël : mes enfants ont eu des tooooooonnes de cadeaux, et résultat : seuls un ou deux les intéressaient vraiment, et les trois-quarts des jeux et jouets se sont cassés au cours des trois premières utilisations. Sans parler des sacs entiers de papiers-cadeaux partis directement à la poubelle…

Une alternative au papier-cadeau jetable, le « furoshiki », un simple foulard que l’on noue autour du cadeau

Il m’est donc resté un arrière goût amer de voir tout ce gaspillage de plastique, papier et autres matériaux. J’avais le sentiment qu’en voulant faire plaisir à nos enfants avec une orgie de cadeaux, on ne faisait finalement que brûler les quelques cartouches qui nous restent pour leur laisser une planète viable. De plus, cette profusion de choses matérielles ne les rend à mon sens pas plus heureux, et ne facilite pas la sensibilisation à la rareté de nos ressources.

Apprendre à apprécier pleinement le bonheur des choses simples.

Or il est pour moi essentiel que mes enfants comprennent que chaque objet, chaque élément qu’ils voient ou ont entre les mains, est disponible en quantités finies, et doit être considéré comme un bien aussi précieux qu’un diamant. Même l’eau qui coule du robinet, même la purée de carottes qu’ils mangent (ou pas). Et ce pas seulement pour des questions écologiques, mais aussi pour apprendre à apprécier pleinement le bonheur des choses simples, la richesse de chaque petit élément (matériel ou non) qui nous est offert par les autres, par nous-même ou par la nature.

C’est pour cela que j’ai décidé de changer ma manière de procéder pour les Noëls et anniversaires de mes mignonnes progénitures. En premier, j’arrête moi-même de leur acheter des cadeaux. En deuxième, j’essaie de convaincre les proches d’offrir moins de cadeaux en les persuadant que l’amour de mes enfants pour eux restera (presque) inchangé. Et en troisième, comme de toute façon il est hors de question notamment pour les grands-parents de ne pas offrir de cadeaux, j’essaie de les guider sur LES cadeaux qui auront le meilleur rapport satisfaction enfants/durabilité/utilité. L’idée est d’arriver à beaucoup moins de cadeaux, mais beaucoup plus qualitatifs et durables.

Et pour les enfants des autres, me demandez-vous ? Alors là, c’est un peu plus délicat, car, par crainte de les blesser, je me vois mal dire à mes beaux-frères et belles-sœurs que je n’offrirai pas de cadeaux à leurs enfants. En revanche j’essaie de m’assurer que mon cadeau sera utile, fera plaisir à l’enfant et sera de bonne qualité. D’ailleurs, j’entrevois aussi parmi les adultes autour de moi un début de ras-le-bol du trop plein de jouets. C’est une bonne occasion de planter l’air de rien chez eux la petite graine du « et si on achetait moins de cadeaux à Noël ». Par ailleurs, côté antigaspi, mes proches sont désormais habitués à ce que mes cadeaux ne soient pas emballés dans du papier mais dans un foulard réutilisable (le furoshiki), c’est un début.

Et puis moins de cadeaux pour les enfants, ça a aussi beaucoup d’avantages pour les parents : moins de temps passé à les acheter, et BEAUCOUP moins de temps passé à ranger la chambre des enfants 😉 Et vous, qu’allez-vous faire ce soir ? Netflix ou quête éperdue DU cadeau sur internet ? Quel que soit votre choix, je vous souhaite de belles fêtes de fin d’année !

Betteraves versus abeilles

Alors que les néonicotinoïdes – ces insecticides si efficaces qu’ils exterminaient entre autres nos amies les abeilles – étaient interdits en France depuis le 1er septembre 2018, leur grand retour cet automne, pour enrayer l’épidémie de jaunisse sévissant sur nos belles betteraves, m’a mis la puce à l’oreille. Perplexe face à cette nouvelle, j’ai essayé de mieux en comprendre les tenants et aboutissants. Il semblerait que mes doutes sur les bienfaits du retour de ces produits sur les plaines betteravières soient partagés par un grand nombre de membres de la communauté scientifique…

27 tonnes de néonicotinoïdes par an pour la betterave

Tout d’abord, pour mieux cerner les enjeux, voici une petite fiche d’identité de la betterave : en France, ce sont 450 000 hectares de terres cultivées, qui, si elles étaient traitées, impliqueraient l’utilisation de près de 27 tonnes de néonicotinoïdes par an (source Fédération Nationale d’Agriculture Biologique). A quoi la betterave est-elle utilisée aujourd’hui ? En premier lieu pour la transformation en sucre (5 000 tonnes par an, dont la moitié est exportée), puis pour la production d’éthanol (cette pratique devrait bientôt être interdite par l’Europe, car elle se fait au détriment des espaces agricoles destinés à la production alimentaire), et enfin en minorité pour l’alimentation humaine et animale.

80% des insectes ont disparu en 30 ans, et un tiers des oiseaux en 15 ans

Revenons maintenant sur les néonicotinoïdes : pourquoi ont-ils été interdits en France et en Europe ? Tout simplement car de nombreuses études scientifiques ont montré que ces substances étaient les principaux responsables de l’effondrement du nombre d’insectes pollinisateurs (sans lesquels nombre de plantes ne pourraient se reproduire), avec des répercussions en cascade sur les populations d’autres insectes (80% ont disparu en 30 ans) et d’oiseaux (selon le CNRS, un tiers a disparu des zones rurales les 15 dernières années).

Mais dans ce cas, pourquoi autoriser de nouveau ces substances sur les cultures de betteraves ? Pour sauver nos betteraves des vilains pucerons donnant la jaunisse, et éviter l’effondrement de toute la filière sucrière française, ma bonne dame ! expliquent les sources officielles….

Et c’est là où j’ai commencé à me poser des questions. La jaunisse, vraiment ? Mon fils a eu la jaunisse à sa naissance, et pourtant il ne s’en porte pas plus mal aujourd’hui. En même temps il est vrai que je n’ai jamais eu l’intention de le transformer en bortsch… Bon, trêve de balivernes ! Donc oui, la filière betteravière est aujourd’hui en grande difficulté économique, mais la jaunisse ne joue là-dedans qu’un rôle mineur. Tout d’abord, les récoltes de betteraves ces dernières années ont été fragilisées par deux faits majeurs : d’une part les sécheresses à répétition, mais aussi et surtout, la suppression des quotas de production au niveau mondial, qui a entraîné une surproduction et une chute des cours. La jaunisse ne serait qu’une petite partie du problème, et quand bien même, l’utilisation préventive de néonicotinoïdes n’est pas forcément la seule solution sur ce point.

Le retour de la biodiversité dans les plaines betteravières est un moyen efficace de lutte contre la jaunisse

En effet, comment les exploitations betteravières bio gèrent-elles leurs problèmes de jaunisse sans entrants chimiques ? Tout simplement en rétablissant la biodiversité sur leurs parcelles, par l’implantation par exemple de « bandes herbées », de haies, d’arbres, de marres, qui favorisent le développement de coccinelles et autres prédateurs du redoutable puceron jaunisseur…

Je vous l’accorde, ces solutions ne sont pas forcément implémentables en un jour, mais, si l’on regarde sur le long terme, peut-être la meilleure aide aux producteurs de betteraves conventionnelles serait celle leur permettant de passer à une agriculture plus durable écologiquement et économiquement, plutôt que d’autoriser à dégrader les sols pour devoir réparer les dégâts quelques années plus tard…

En attendant, que peut-on faire ? En mode colibri des courses, on peut déjà faire attention à n’acheter que des betteraves, du sucre ou des produits contenant du sucre issus de l’agriculture biologique. Et si, suite à la lecture de cet article, vous fulminez et trouvez cela absolument scandaleux, vous pouvez même signer la pétition en ligne sur change.org 🙂

Sources principales : https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/agriculture/comment-la-betterave-devra-se-passer-des-neonicotinoides_147297 ; https://www.fnab.org/ ; https://www.lemonde.fr/pollution/article/2018/04/26/l-europe-se-prononce-sur-l-interdiction-des-neonicotinoides_5291075_1652666.html ; https://www.quechoisir.org/actualite-re-autorisation-des-neonicotinoides-vraiment-pas-d-alternative-n82575/

Les petits papiers

Nous avons tendance à croire que le papier, le carton et les objets en bois sont écologiques, car faits à partir d’un élément 100% naturel : l’arbre. Oui certes, l’impact écologique de ces produits est plus vertueux que d’autres matériaux comme le plastique, néanmoins attention aux effets néfastes de leur surconsommation!

Pour mieux comprendre les conséquences de l’exploitation industrielle du bois, Jenni Räinä, co-autrice d’un livre sur les forêts finlandaises (« Metsä Meidän Jälkeemme », malheureusement non traduit) a pris le temps de me parler de son livre et de m’expliquer plus en détail les conséquences des coupes de forêts sur l’écosystème.

Pourquoi ai-je pris l’exemple des forêts finlandaises? Parce que la Finlande est l’un des plus gros producteurs mondiaux de produits issus du bois, avec 60% de sa production exportée aux quatre coins du globe. L’industrie forestière y représente près de 20% de sa production industrielle totale et emploie autour de 15% des travailleurs industriels finlandais. Si l’exploitation du bois en Finlande se fait de façon intensive depuis plusieurs siècles, c’est aussi en grande partie grâce à elle que le pays a pu, après-guerre, se redresser économiquement et offrir une qualité de vie élevée à ses habitants.

La surexploitation des forêts altère la biodiversité et rend l’environnement plus vulnérable aux attaques climatiques

Mais aujourd’hui, de nombreux scientifiques et écologistes alertent sur la surexploitation des forêts, qui a des conséquences profondes sur l’écosystème et le réchauffement climatique. A titre d’exemple, en Finlande, moins de 3% des forêts sont à l’état primaire, c’est à dire n’ayant aucune trace visible d’activité humaine. De plus, en 20 ans, le nombre de forêts âgées de plus de 160 ans y a diminué de 40% !

Instinctivement, nous pouvons avoir du mal à imaginer ce qu’il y a de mal à couper un arbre surtout si l’on en replante aussitôt un autre. Quelles sont donc les répercussions sur l’environnement de l’exploitation industrielle des forêts?

Même si les jeunes arbres absorbent eux aussi du CO², il leur faudra plusieurs décennies pour retrouver le niveau de stockage de gaz à effet de serre de leurs prédécesseurs

Tout d’abord, les forêts anciennes sont des immenses zones de stockage de CO². Lorsqu’on les coupe, c’est donc autant de carbone qui est libéré à court terme dans l’atmosphère. Et même si les jeunes arbres absorbent eux aussi du CO², il leur faudra plusieurs décennies pour retrouver le niveau de stockage de gaz à effet de serre de leurs prédécesseurs. En outre, plus le climat est rude, plus longue sera la repousse des forêts : il faut compter 70 ans pour qu’une forêt retrouve son aspect d’avant-coupe dans le sud de la Finlande, et plus de 100 ans en Laponie!

Par ailleurs, la coupe franche de pans de forêts entières met en danger la survie d’un nombre immense d’espèces animales et végétales. Dans les forêts finlandaises, on dénombre aujourd’hui 833 espèces menacées, dont 700 directement à cause de l’exploitation forestière. En effet, dans les forêts naturelles, le bois mort abrite tout un écosystème animal et végétal, qui va disparaître avec les coupes franches de forêts et le « nettoyage » des arbres tombés.

De plus, l’industrie du bois a favorisé la plantation de « monocultures d’arbres », rendant ces zones plus vulnérables aux attaques parasitaires et climatiques. Car la biodiversité -animale comme végétale – permet une meilleure résistance aux attaques de maladies (oui, les arbres aussi peuvent aussi attraper des virus !), mais aussi une adaptation plus facile aux changements (notamment climatiques).

L’exploitation intensive des forêts appauvrit les sols et dégrade la qualité des eaux

Autre conséquence de l’exploitation intensive des forêts, des millions de kilomètres de ravines et canaux ont été creusés pour assécher les zones marécageuses et permettre ainsi une pousse d’arbres plus rapide. En Finlande, la distance totale de ces tranchées équivaut à 2 allers-retours vers la Lune ! Or cette technique a pour conséquence de drainer une grande partie des nutriments de la terre, appauvrissant ainsi les sols, et modifiant drastiquement la composition de l’eau des lacs et rivières, impactant par ricochet la qualité de l’eau et l’écosystème aquatique.

Heureusement, depuis quelques années de plus en plus d’exploitations forestières pratiquent des méthodes de coupe plus respectueuses de l’environnement (par exemple en coupant les arbres de façon clairsemée et non systématique pour éviter de trop perturber l’écosystème). En parallèle, un programme public national développe des solutions pour inciter les propriétaires de domaines forestiers à protéger leurs arbres plutôt que les couper en masse. Mais un gros travail reste à faire, et pas seulement à l’échelle de la Finlande mais à l’échelle mondiale, pour préserver les forêts et leur biodiversité, qui ont un rôle majeur dans la régulation climatique !

Et à notre niveau, comment peut-on agir ?

Voici quelques actions simples que Jenni Räinä propose : d’abord consommer moins, et mieux! Considérons que chaque bien que nous avons entre les mains, même le moindre petit bout de carton, est une ressource précieuse que nous donne notre planète. Ensuite, achetons au maximum du papier ou carton recyclé (ça marche aussi pour le papier toilette, dont nous faisons chacun en moyenne une consommation de 6kg par an…). Pour ce qui est des meubles ou objets en bois, essayons d’acheter au maximum des produits de qualité ayant une longue durée de vie, certifiés (FSC ou IFSC), si possible de seconde main, et réparons au maximum !

Alors maintenant, à vous de jouer !

Un grand merci à Jenni Räinä d’avoir pris le temps de m’expliquer et me traduire les points majeurs de son livre « Metsä Meidän Jälkeemme » (car mon niveau de finnois est assez basique…) : Kiitos paljon !

Comment assumer son mode de vie zéro-déchet chez les autres ?

A la maison, ce n’est déjà pas simple tous les jours de garder ses habitudes zéro-déchet, mais quand on est reçu par les amis ou la famille, les choses peuvent parfois se corser!

Après avoir profité pendant deux mois des joies du confinement en appartement à quatre, ma petite famille et moi-même avons décidé de nous « expatrier » pour quelques mois dans un environnement plus verdoyant et plus « télétravail-friendly », dans ma belle-famille. Mes beaux-parents sont absolument adorables et font tout pour nous faciliter la vie, et je ne vous cacherai pas que je suis en train de savourer cette petite bulle éphémère de paradis.

Dois-je imposer mes gestes zéro-déchet, ce qui pourrait agacer et être pris comme de l’impolitesse?

Néanmoins, nous n’avons pas forcément les mêmes habitudes en termes d’écologie et de réduction des déchets, et un grand dilemme m’a torturé au début du séjour : que devais-je faire ? Imposer mes gestes zéro-déchet, ce qui pourrait agacer et être pris comme de l’impolitesse alors que nous sommes accueillis comme des rois? Ou laisser de côté, le temps de notre séjour, mon mode de vie, même si cela me brise le coeur ?

Dans la pratique, j’ai pris une direction à mi-chemin entre ces deux solutions, en essayant subrepticement d’introduire certains gestes zéro-déchet, et en laissant temporairement de côté les plus ardus. Et surtout, j’ai tourné ce séjour en une occasion en or pour convertir tout en douceur nos hôtes à quelques nouvelles habitudes plus respectueuses de l’environnement!

Plutôt que de racheter du basilic ensaché dans du plastique, avec mes hôtes nous avons fait l’expérience (réussie) de bouturage-replantage!

Voici un exemple de mes petites batailles zéro-déchet du quotidien : l’essuie-tout, produit que je n’achète plus depuis 2015. Pour vous donner un peu de contexte, ma fille a un peu moins de deux ans, l’âge où, à la fin des repas, on retrouve plus de nourriture au sol que dans son petit estomac. Or mon beau-père n’aime pas trop quand des choses traînent par terre (ce que je peux comprendre). Maintenant imaginez la scène suivante au ralenti, qui ressemble fortement à un essai marqué de rubgy : mon beau-père voit l’état dramatique du parquet, et se lève pour prendre le rouleau d’essuie-tout. Heureusement, ce dernier est de l’autre côté de la pièce, ce qui me laisse le temps de dégainer un torchon et de me jeter en premier par terre en criant « noooooon c’est bon, pas besoin d’essuie-tout, j’ai ce qu’il fauuuuuut! ». Sur ce coup, je suis assez fière de moi car ça marche presque à chaque fois (au prix d’un regard intrigué de mes beaux-parents). Sauf lorsque quelqu’un d’autre profite du fait que je sois à terre pour essuyer la table et la figure de ma fille avec…un essuie-tout.

Pas toujours facile d’assumer certaines de mes lubies écolos

D’un autre côté, il y a certaines de mes batailles personnelles que j’ai franchement du mal à assumer auprès de mes proches, et notamment l’achat de vêtements d’occasion pour mes enfants. J’essaie de relever le défi « Rien de neuf en 2020 », ce qui implique de n’acheter aucun objet neuf. Or voilà, mes enfants avaient besoin de pyjamas. Jusque là tout va bien, je suis allée acheter ce dont j’avais besoin dans un magasin de seconde main. Mais quand ma belle-maman a fait une remarque sur ces jolis nouveaux vêtements, je n’ai pas osé lui avouer leur origine et ai prétexté qu’une amie me les avais donnés. Pourquoi ce vilain mensonge ? Je ne sais pas exactement, peut-être ai-je eu peur que mes beaux-parents s’inquiètent et nous croient fauchés comme les blés, ou surtout que mes lubies écologistes leur apparaissent totalement loufoques et absurdes.

Le cadeau d’anniversaire de mon mari enveloppé d’un « Furoshiki » (en fait un simple foulard, qui remplace le papier-cadeau jetable)

Néanmoins, même si je n’assume pas tous mes gestes écolos, tout n’est pas perdu car, d’un autre côté, j’ai réussi à transmettre, l’air de rien et sans douleur, quelques gestes anti-gaspi à mes hôtes. Par exemple, pour l’anniversaire de mon mari, j’ai vu que ma belle-maman était en train de chercher du papier-cadeau : c’était l’opportunité rêvée pour lui montrer le concept du Furoshiki, foulard que l’on va nouer joliment pour emballer les cadeaux, et que l’on va pouvoir réutiliser à l’infini (autour du cou ou des cadeaux).

Colibri power !

Pour conclure, je crois désormais d’autant plus au « colibri power », et à l’importance des petits gestes et de notre rôle d’exemple pour diffuser les « bonnes pratiques » écologiques. Suite à petite cette expérience de terrain, je suis convaincue que ce n’est pas en y allant « avec de gros sabots » mais en s’adaptant à ses interlocuteurs et en proposant, sans forcer ni agacer, des petits changements d’habitudes, que l’on peut faire mouche sur les bonnes pratiques environnementales et aider les autres à entrer dans le cercle vertueux de la chasse au gaspillage écologique.

Peut-être vous êtes-vous déjà retrouvés dans le même cas? N’hésitez pas à partager vos expériences et votre avis dans les commentaires!

La planète et la banlieue

« L’environnement, c’est un problème de parisiens » : voici les mots rapportés par une professeure dans un établissement de zone urbaine sensible, provenant de ses élèves. Pensant naïvement que la nécessité d’agir pour réduire noter empreinte écologique était un enjeu faisant l’unanimité parmi les enfants et adolescents, j’ai reçu cette phrase comme un petit coup de Taser. J’ai alors voulu mieux comprendre ce qui se cachait derrière cette affirmation coup de gueule, qui semblait exprimer beaucoup plus que de la simple provocation.

Avant toute chose, plantons le décor. Les habitants des banlieues modestes sont statistiquement les plus exposés à la pollution, par leur plus grande proximité avec de grands axes routiers, des industries lourdes, des décharges et incinérateurs, ou encore des aéroports. A titre d’exemple, Saint-Denis détient le triste record du taux de pollution le plus élevé de France ; son taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté est autour de 30%, contre 14% en moyenne à l’échelle nationale. Mais alors, si les zones urbaines sensibles sont les plus touchées par la dégradation de l’environnement pourquoi se désintéresseraient-elles de ce sujet?

Quand on est un jeune des quartiers, la priorité c’est de s’en sortir, c’est de vivre

Premières recherches sur le sujet, première petite claque de prise de conscience : Emmanuel, bénévole d’une association proposant des atelier verts à Montreuil, me transmet un extrait du livre d’Emma, « Un autre regard sur le climat » (je ne suis pas forcément d’accord avec sa vision globale, néanmoins ici son argument m’apparaît indiscutable) :

Effectivement, de ma petite bulle je n’avais pas forcément voulu réaliser que, quand chaque jour relève du « struggle for life » et que l’on peine à boucler les fins de mois, la planète ne fait pas forcément partie des préoccupations principales. Clint, jeune actif ayant grandi dans un quartier sensible, me livre une phrase marquante : « Quand on est un jeune des quartiers, la priorité c’est de s’en sortir, c’est de vivre ». Et pourtant Clint, ainsi que nombre d’acteurs sociaux dans les banlieues s’accordent à dire qu’il est primordial de sensibiliser ces futurs adultes aux enjeux écologiques.

Un manque d’information et de sensibilisation

Mais dans ce contexte, les associations reconnaissent souvent avoir des difficultés à toucher les populations défavorisées sur les thématiques environnementales. Au-delà des préoccupations d’un quotidien souvent difficile, le manque d’information va souvent accentuer une désaffection pour la cause environnementale. Clint m’a beaucoup éclairée sur ce point : « C’est en faisant de longues études que j’ai appris des choses sur l’écologie. Elles permettent de développer la curiosité et le réflexe de se renseigner. Mais souvent dans les quartiers, les parcours scolaires sont difficiles et s’arrêtent tôt. Alors les jeunes n’ont pas forcément les outils pour savoir et savoir comment agir ».

Quand les jeunes se sentent valorisés, considérés, alors ils peuvent s’ouvrir à d’autres choses

Mais tout n’est pas perdu, loin de là, et de belles initiatives se développent, s’attaquant à la fois aux problèmes sociaux de ces enfants et à leur sensibilisation à l’écologie. Les différents acteurs du monde associatif avec qui j’ai discuté s’accordent à dire qu’avant toute chose, il faut montrer à ces jeunes que l’on s’intéresse à eux, qu’on leur accorde de l’importance, et qu’on va les aider à s’en sortir. Car (et je reprends encore une belle phrase de Clint), « quand les jeunes se sentent valorisés, considérés, alors ils peuvent s’ouvrir à d’autres choses. En réglant leurs problèmes et en les sensibilisant à l’écologie, on peut y arriver ».

Mathilde, directrice de centre d’animation dans un quartier populaire de la capitale, a par exemple réussi par le jeu et la discussion à sensibiliser les enfants sur des thématiques écologiques telles que le gaspillage plastique. « Les enfants aiment bien le débat car ils s’y sentent valorisés. De plus quand ils apprennent quelque chose, ils en retirent une certaine fierté et ont envie de transmettre leur savoir autour d’eux ». Dominique, menant en banlieue lilloise des projets associatifs alliant humain et nature, a réussi, par un travail de longue haleine, à nouer un dialogue pérenne avec les enfants de quartiers difficiles et à les sensibiliser sur des sujets tels que le recyclage. Par des activités simples, comme demander aux enfants de dessiner une poubelle, elle instaure une ouverture à l’échange et au savoir. Pour elle, « les enfants ont besoin d’être considérés, on doit les solliciter vraiment, mettre de l’importance dans leurs actions ».

Les ménages les plus aisés émettent deux fois et demi plus de CO2 que les ménages les plus modestes

Et puis rendons à César ce qui est à César : selon une étude de l’Insee les ménages les plus aisés émettent deux fois et demi plus de CO2 que les ménages les plus modestes en France. Effectivement, lorsque l’on prend le métro plutôt que sa voiture pour aller au boulot, que l’on vit dans des logements de taille plus réduite et que l’on économise le chauffage pour boucler les fins de mois, même si ce n’est pas forcément volontaire, on pollue beaucoup moins. Et lorsque l’on a moins de moyens, la récup’, la réparation plutôt que la mise au rebut, l’achat de vêtements de seconde main plutôt que la surconsommation textile sont déjà des réflexes intégrés au quotidien.

Pour conclure, cette mini enquête m’a permis de comprendre à quel point les problèmes d’environnement et de fragilité économique et sociale sont imbriqués et interdépendants. Aujourd’hui 3 millions d’enfants de moins de 18 ans vivent sous le seuil de pauvreté en France, soit 20% de la population mineure. Cela peut paraître bateau mais rappelons-le quand même pour le mot de la fin : les aider à s’en sortir et à trouver leur place dans la société ne pourra qu’être bénéfique à tous non seulement économiquement, socialement mais aussi écologiquement. Cela étant dit, il n’y a plus qu’à passer à l’action 🙂 Et souvenez-vous, chaque petit geste compte !

Un grand merci à Clint, Dominique, Emmanuel et Mathilde qui ont accepté de consacrer un peu de leur temps pour nourrir mon article et m’ont apporté des témoignages et éclairages très précieux !

Faire le bilan de son empreinte écologique

Réduire son empreinte écologique, oui, mais par où commencer? Deux sites proposent de faire un bilan individuel de notre consommation carbone, et expliquent de façon claire quels sont nos plus gros postes d’émissions de CO2. Un bon moyen de savoir par où commencer pour réduire son impact sur l’environnement!

Le site Compensate (en anglais) vous permettra, à partir d’un rapide questionnaire, de calculer votre émission de CO2. Pas de tabous entre nous, je partage avec vous mon bilan carbone, pas très jojo à voir : apparemment j’abuse un peu trop de l’avion…L’année prochaine on ira rendre visite aux beaux-parents en vélo 

De même, le site de WWW Suisse propose un questionnaire plus complet pour calculer votre empreinte carbone : il faudra s’armer d’un peu plus de patience, car il contient 38 questions. En revanche ce site permet de visualiser de façon très ludique la quantité de CO2 que vous émettez selon vos habitudes d’achat, de transports, d’alimentation etc…Et lorsque vous aurez répondu à toutes les questions, vous pourrez télécharger une évaluation détaillée de votre consommation vous indiquant par ordre de priorité les plus gros postes de consommation. En voici un extrait :

Voici mon bilan global ci-dessous : j’étais très fière de consommer moins que le Suisse moyen, jusqu’à ce que je lise l’encart de droite : « Si l’ensemble de la population mondiale vivait de manière aussi exemplaire, nous n’aurions besoin que de 2,4 planètes ». Ils ne seraient pas en train de se moquer gentiment de moi? Visiblement, j’ai encore du boulot côté réduction de mon empreinte écologique…

Maintenant, à vous de jouer! Si vous connaissez d’autres simulateurs d’empreinte écologique, n’hésitez pas à les indiquer en commentaire. Et rappelez-vous, chaque geste compte !

Comment diminuer les emballages lors de vos courses alimentaires, sans vous compliquer la vie!

« Mais il me manquait du temps, du courage et des ressources »

Il y a quelques années, j’ai été impressionnée par la volonté sans limites dont faisait preuve Béa Johnson, mère du mouvement “Zéro-déchet”, pour supprimer complètement ses déchets.

Après avoir lu son livre, je me suis mise à suivre ses conseils, mais il me manquait du temps, du courage et des ressources pour aller jusqu’au bout de la démarche. J’y suis donc allée pas à pas, en me disant que chaque petite avancée serait déjà une victoire. 

Je vais donc vous livrer quelques tactiques faciles à mettre en oeuvre, qui pourront je l’espère aider la plupart d’entre vous. Et souvenez-vous, chaque geste, si petit soit-il, compte ! 

Avant d’aller faire ses courses

Quelques petites actions préparatoires vous permettront de limiter d’autant plus l’utilisation d’emballages lors de vos courses: 

« Réutiliser les sachets krafts »

S’il vous reste des sacs krafts ou plastiques ayant servi précédemment pour emballer vos légumes ou le pain, ne les jetez pas, et mettez les dans votre sac de courses : ils pourront resservir.

« Garder quelques bocaux en verre »

Personnellement je n’ai pas acheté beaucoup de contenants pour le stockage des produits secs en vrac mais je garde quelques bocaux en verre de différentes tailles issus des pots de confiture, sauces, conserves etc… Ils me servent pour stocker pâtes, riz, lentilles, céréales…bref tout ce que je peux acheter en vrac. Je réutilise aussi les boites de poudre de lait infantile, qui sont très pratiques pour stocker de plus gros volumes.

« Acheter ou fabriquer des sacs à vrac réutilisables »

Pour diminuer au maximum mon utilisation d’emballages jetables, j’ai au fur et à mesure investi dans quelques sacs à vrac en tissu de différentes tailles. Trois sacs à vrac utilisés chaque semaine permettent d’économiser 1kg d’emballages par an : pas mal ! On en trouve généralement dans les magasins bio ou de vrac (autour de 2€ l’unité), et sur de nombreux sites internet. En voici deux exemples : 

  • Mon coup de coeur : la marque Kufu : non seulement leurs pochettes sont jolies, mais surtout elles sont faites à partir de tissus réutilisés, donc avec un impact sur l’environnement proche de zéro lors de leur production. Leur fabrication artisanale et en France justifie un prix un peu plus élevé (20€ les 3 pochettes).
  • Et si vous préférez commencer avec un petit budget, vous pourrez trouver par exempe sur le site Greenweez plusieurs types de sachets en tissu réutilisables  (lot de 5 sacs à 4€)
Un échantillon de mes sacs à vrac. Le grand filet est très pratique pour les légumes, les autres sont parfaits pour les aliments secs.

« Ranger quelques boites de conservation dans son sac de courses »

La cerise sur le gâteau : si jamais vous pensez à mettre dans votre sac de courses quelques boites de conservation (pour les remplir chez les petits commerçants ou au rayon à la coupe) vous serez proches du niveau ultime du zéro-déchet ! Personnellement je garde aussi les contenants de lessive que je peux réutiliser pour la lessive en vrac (lorsqu’elle est disponible en magasin, ce qui est encore relativement rare)

Pendant les courses

« On peut économiser à minima 3kg d’emballages par an et par personne, soit à peu près votre poids de naissance. C’est déjà un bon début, non? « 

L’idée de cet article est de ne pas vous forcer à changer drastiquement vos habitudes d’achat en vous menant au burn-out écologique, mais plutôt de trouver les petits gestes qui permettront petit à petit d’améliorer votre impact. Revenir des courses avec zéro emballage est encore aujourd’hui assez compliqué, néanmoins il est possible de limiter la casse : 

« Commencer ses courses par le rayon vrac »

La plupart des magasins alimentaires proposent désormais un rayon vrac, plus ou moins fourni. Mon réflexe est de toujours commencer mes courses par ce rayon, pour y prendre tout ce dont j’ai besoin et qui est disponible : ce seront facilement deux ou trois emballages de gagnés à minima ! 

Pour ceux qui ont une épicerie en vrac près de chez eux et le temps d’y passer, cela peut valoir la peine de se ravitailler à l’occasion en produits que l’on trouve plus rarement sans emballage dans les magasins alimentaires généralistes, comme les produits ménagers ou cosmétiques, le savon, les épices etc…Mais une fois de plus, ne culpabilisez pas et ne vous découragez pas si vous ne faites pas de détour par ces échoppes, chacun apporte sa contribution selon ses possibilités.

« Privilégier les fruits et légumes en vrac et (ré)utiliser ses propres sachets »

Au rayon fruits et légumes, je privilégie les produits proposés en vrac. Et – spéciale dédicace à mon homme qui me voit horrifiée à chaque fois qu’il rapporte des bananes mises dans un papier kraft tout neuf – certains fruits ou légumes n’ont pas vraiment besoin d’être empaquetés, même dans un sac kraft. Pareil pour les fruits ou légumes que vous achetez à l’unité : votre petit citron ou poivron se sentira tout seul perdu dans son grand sac en papier….

De même, au marché ou chez le primeur, essayez de proposer le plus souvent possible au commerçant vos propres sacs à vrac ou anciens sachets krafts.

« Apporter ses propres contenants pour la viande, le poisson, le fromage, le traiteur »

Cela demande un peu plus de logistique et d’organisation, mais le jeu en vaut la chandelle. Au supermarché, si vous avez la chance de trouver un stand “à la coupe”, foncez-y et demandez au gentil vendeur de mettre votre tranche de comté dans votre propre contenant que vous avez apporté. N’ayez pas peur de passer pour un illuminé, de plus en plus d’enseignes ont sensibilisé leurs équipes sur ce point. Même chose au marché et dans les commerces de proximité, n’hésitez pas à proposer votre propre boîte hermétique avant que le cellophane ne soit dégainé.

« Privilégier les yaourts et desserts sans suremballage ou dans des gros contenants »

Les yaourts sont encore ma bête noire et je n’ai à ce jour pas trouvé de stratégie efficace pour éviter la prolifération des pots de yaourts vides… J’ai pendant un temps fait mes yaourts moi-même, mais pour le lait que j’utilisais dans la préparation, je ne trouvais pas de bouteille consignée ou plus écologique que le traditionnel plastique. Aussi, l’ajout d’une besogne en plus dans mon quotidien n’étant pas compensée par un meilleur bilan écologique, j’ai revendu ma yaourtière. 

En revanche pour me donner meilleure conscience je fais un truc bête : au lieu d’acheter le pack de douze yaourts natures qui tient grâce à une belle robe cartonnée qui finira illico dans ma poubelle, j’achète trois  lots de quatre yaourts (ou des gros pots de 500g) qui, eux, n’ont pas de suremballage carton. J’y perds quelques centimes, mais j’évite environ 1/2kg d’emballages par an et par personne…Et quand il n’y a plus de yaourts sans suremballage disponible, alors j’achète le pot en vrac de mousse au chocolat 🙂

« Réduire les bouteilles de jus de fruits en préparant de temps en temps du jus frais »

Nous sommes à la maison de gros consommateurs de jus de fruits, ce qui génère malheureusement beaucoup d’emballages… Comme nous n’avons pas le temps de préparer chaque matin un jus frais, notre compromis est de faire du jus de fruits fait maison le week-end. Ce qui fait à peu près 1/2kg de briques en moins par an et par personne : c’est déjà ça de gagné !

Au final, avec ces cinq gestes, on peut économiser à minima 3kg d’emballages par an et par personne, soit à peu près votre poids de naissance. C’est déjà un bon début, non? 

Le vrac à portée de clic

« Livraison à domicile à vélo »

Pour nous faciliter encore plus la vie, de plus en plus de solutions en ligne de vente de produits en vrac se développent.

J’ai par exemple testé une belle initiative : L’Intendance, qui propose la livraison à domicile (à vélo ou scooter électrique) de produits en vrac (avec emballages kraft ou consignés), et souvent bio. Le service est hyper pratique et bien organisé. A noter que leur offre de produits (alimentaire sec, produits d’entretiens et cosmétiques), qui couvre déjà bien les basiques, va s’étoffer au fur et à mesure, et ils comptent prochainement agrandir leur zone de livraison. A suivre!

Ma livraison de l’Intendance

Par ailleurs, de plus en plus de Drives de produits en vrac (commande en ligne et retrait des courses en magasin) fleurissent autour des grandes agglomérations. Je n’en ai pas testé, mais n’hésitez pas à donner vos retours d’expériences sur ce service!

Pour aller plus loin sur ce sujet, je vous fournirai très prochainement une liste des initiatives vrac/zéro emballage existantes.

Bravo ! Et votez pour les prochains articles

Pour conclure, bravo! Car chaque action que vous faites déjà ou que vous allez faire permettra probablement d’épargner la production de plusieurs kilos d’emballages plastiques ou papier ! (selon mes calculs près de 10kg par an pour mon foyer grâce aux gestes précédemment cités)

Même si certaines de ces solutions vous sont peut-être déjà familières, n’hésitez pas à en parler à votre partenaire, vos parents, vos enfants et vos proches, car elles ne sont peut-être pas toutes connues d’eux !

Cet article vous a t-il aidé? Avez-vous des suggestions à faire ou des astuces ou bons plans à partager? Quel thème souhaitez-vous pour votre prochain article? N’hésitez pas à répondre au questionnaire, qui m’aidera à adapter le contenu de mes articles à vos besoins. 

A très bientôt!

NB :  je tiens à préciser que j’ai choisi de mentionner quelques liens et noms d’entreprise car je les trouve pertinents, mais je ne suis en aucun cas rémunérée pour cela et cet article reste à titre personnel.

Introduction – Nos pouvoirs insoupçonnés pour réduire notre impact sur l’environnement

Bonjour à tous, je suis Marie-Elodie Bourot, et voici mon tout premier article de blog, la première petite brique concrète d’un projet personnel qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Je voulais commencer cet article par « Tout est parti de », mais en fait je ne me souviens plus exactement  d’où ma démarche est née, et d’ailleurs à ce jour je ne sais pas encore exactement où elle va me mener.  Mais comme l’exprime cette jolie citation de Philippe Pollet-Villard, « ce n’est pas la destination qui compte mais toujours le chemin parcouru, et les détours surtout ». Toujours est-il que j’ai quand même un objectif en tête derrière tout ça : démocratiser et faire connaître tous les petits gestes du quotidien permettant à chacun de réduire son impact sur l’environnement

Nous avons tous un super pouvoir, souvent insoupçonné

Car tous les gestes comptent, même les plus petits ! J’ai déjà entendu des gens me dire qu’ils avaient l’impression que faire à leur échelle un geste pour la planète était un peu comme une goutte d’eau dans la mer. Moi-même j’ai parfois eu des moments de doute dans ma démarche écologique personnelle. Mais sur ce point nous nous trompons ! 

Car nous avons chacun un super pouvoir, souvent insoupçonné, qui est celui de modèle. Sisi, c’est vrai, je vous le promets ! Par exemple, si mon voisin me voit faire du compost, il y a des chances qu’il me pose des questions sur son fonctionnement et qu’il s’y mette aussi. Une amie me disait qu’il y a quelques mois, un collègue à son travail s’est mis à utiliser une gourde plutôt qu’une bouteille d’eau en plastique. Puis un autre, et encore un autre. Si bien qu’au bout d’un moment mon amie elle-même s’est décidée à franchir le pas et à acheter elle aussi une gourde. Et elle convaincra probablement à son tour quelqu’un de sa famille ou un ami. Au final cela fait beaucoup de bouteilles plastiques en moins !

Ne culpabilisons pas ! A chacun son rythme

Tout ça pour dire que chaque petit geste compte, et que chacun de nous peut agir à sa façon, à son rythme, et en fonction de ses contraintes. Car ne culpabilisons pas ! Nous ne pouvons pas être parfaits sur tous les plans et il est souvent assez difficile de concilier notre rythme de vie avec une consommation dite « zéro-déchet », c’est-à-dire sans aucune production de déchets et avec un impact environnemental proche de zéro. 

Je vais prendre mon exemple personnel : je suis maman de deux jeunes enfants, je travaille dans la grande distribution et mon travail est assez prenant, et par-dessus tout ça il faut ajouter deux heures de transports quotidiens pour aller à mon travail. Autant vous dire qu’en semaine je n’ai pas trop la motivation de préparer entre 22h et minuit des bons petits plats pour le lendemain. Donc sur ce point gros craquage, j’avoue, on opte parfois à la maison pour des plats préparés. Et ensuite je pleure devant ma poubelle qui déborde d’emballages. 

Mais heureusement petit à petit des solutions naissent sur internet et dans les commerces autour de moi, qui me permettent de gagner progressivement des petites victoires. Tiens, le magasin bio du coin fait maintenant des petits plats préparés dans des bocaux en verre consignés : Alleluia ! Une petite victoire de plus sur le plastique ! Le supermarché d’à côté s’est mis à vendre en vrac du muesli que mon fils adore : Youpi !  Un emballage carton + plastique en moins chaque semaine ! 

Mon but : rendre visibles les solutions qui vous aideront à réduire votre impact environnemental

Vous en savez maintenant un peu plus sur ma petite méthode pour arriver progressivement, par petits pas et sans essayer d’atteindre le burn-out, à réduire mes déchets et mon impact écologique. Comme je me suis prise à ce jeu depuis quelques années maintenant, j’aimerais dans ce blog partager toutes les informations, les astuces les bons plans que l’on m’a donnés. Il existe en effet de plus en plus d’initiatives, de produits et de solutions nous permettant de réduire notre impact environnemental sans complexifier notre quotidien (qui n’est déjà pas forcément simple). Et d’après ce que j’ai compris en interviewant des personnes autour de moi, la première chose pour vous aider dans cette démarche, c’est de vous faire connaître toutes ces solutions, car elles ne sont pas forcément très visibles.

Votez pour les prochains articles

Mon objectif sera donc de poster deux fois par mois des articles thématiques proposant à chaque fois un nouveau petit geste pour la planète. Ce blog a pour vocation d’être totalement sans jugement, donc à vous de décider sans complexe, une fois que vous aurez la connaissance, si vous souhaitez, pouvez l’adopter ou pas ! En revanche je souhaite faire de ce blog un lieu bienveillant d’échanges, de discussions et d’entraide (car la démarche n’est pas facile tous les jours et il faut se serrer les coudes !), donc je suis très preneuse de vos commentaires, ressentis, tests et bien sûr bons plans !

Voici quelques idées de thèmes pour les prochains articles : 

  1. Confinement et coronavirus : le bon moment pour adopter de nouveaux gestes écolos ? 
  2. Les vêtements : allier plaisir, esthétique et écoresponsabilité
  3. L’arrivée de bébé : ou comment faire pour qu’il grossisse plus vite que le poids des déchets générés !
  4. La corvée des courses, ou comment allier praticité et réduction des emballages ?
  5. Petits tips écologiques pour la cuisine
  6. Nettoyage de la maison : petits tips pour éviter un mini-Tchernobyl 
  7. Soins du corps et du visage : l’écologie oui mais sans boutons svp
  8. Ecologie et cycles féminins : des initiatives à connaître et tester
  9. Les solutions écoresponsables : surtout pour les femmes ? Les hommes en sont-ils les grands oubliés ?
  10. Le Do It Yourself : c’est super cool mais je n’ai pas le temps : il y a des alternatives ?

Pour voter pour le thème qui vous intéresse le plus, cliquez ici : QUESTIONNAIRE. Vous pourrez aussi y laisser vos commentaires, ainsi que votre adresse email si vous souhaitez être informés de l’arrivée des prochains articles.

Et vous pouvez si vous le souhaitez me contacter directement à me.bourot@gmail.com

Merci et à très bientôt!